Le 1er juillet , 2003
Mots d’ouverture du Représentant Spécial du Secrétaire Général
de L’OEA et le Chef de la Mission Spéciale en Haïti
en date du 1 juillet 2003
a l’occasion du séminaire sur
la Négociation et Transformation de Conflits
Mesdames, Messieurs,
Distingues invites
C’est un vif honneur pour moi de vous saluer ce matin à l’ouverture de ce
séminaire sur la « Négociation et Transformation de Conflits » organisé
conjointement par le Centre Canadien d’étude et de la coopération
internationale (CECI-Haiti) et l’Université Quisqueya. Je félicite
chaleureusement ces deux institutions pour cette initiative si opportune eu
égard à la crise qui secoue le pays et aussi pour cet espace de réflexion et
de formation, où des personnes de plusieurs secteurs de la société et de
plusieurs tendances peuvent se réunir sur cette problématique. La Mission
Spéciale est très heureuse de pouvoir vous aider à cet égard.
Comme vous le savez tous, à la demande d’Haïti, La Mission Spéciale de l’OEA
Visant à renforcer la Démocratie, a vu le jour suite à l’adoption par le
Conseil Permanent de l’OEA de la Résolution 806 en janvier 2002. Son mandat
a été complété en septembre 2002 par la Résolution 822. Aujourd’hui il faut
tenir compte également de la plus récente Résolution adoptée par l’Assemblée
Générale à Santiago, Chili, au mois de juin 2003, la Résolution 1959, qui
constitue un appel lancé au GOH, à la société civile, comme à l’opposition
politique pour en arriver à un accord pouvant favoriser le processus
démocratique. L’Assemblée Générale de l’OEA a décidé, entre autres choses,
et je cite le paragraphe 7 de la Résolution 1959: « de demander au
Secrétaire Général d’explorer les moyens de promouvoir un dialogue accru
entre le GOH, d’une part, et la société civile et la Convergence
démocratique, d’autre part ».
L'événement que vous tenez aujourd'hui s'inscrit parfaitement dans cette
optique.
Pour La Mission Spéciale de l’OEA Visant à renforcer la Démocratie, il
s'agit aussi de la première activité de formation dans le domaine de la
résolution pacifique des conflits. Dans le passé, la Mission Civile
Internationale en Haïti (MICIVIH) OEA-ONU en avait, certes, facilité
plusieurs. La Mission internationale civile d'appui en Haïti, MICAH, de
l'ONU avait aussi exploré ce champ.
La MS quant à elle entend renouveler des activités dans ce domaine avec une
nouvelle optique, collée au contexte que vit le pays en ce moment, à la
croisée historique de nouveaux chemins. Comme le définit l'un des objectifs
du séminaire dans la lettre d'invitation, il s'agit de – « de créer une
réelle capacité locale devant aider à une meilleure compréhension des
principales causes des conflits dans la société haïtienne et promouvoir, à
travers un réseau de compétences, la culture de la négociation, de la
médiation et de la gestion pacifique des conflits »
Ce séminaire sur la «Négociation et la Transformation des Conflits» vient
précisément au carrefour du défi d’en arriver à un accord tant attendu entre
des positions divergentes à l'aube de ce rendez-vous avec l'histoire que
constituent les festivités devant marquer le 200e anniversaire de la
naissance de la République, permettant de relancer le pays sur les avenues
des élections crédibles et du développement économique et social. Le
problème est qu’au lieu de la concertation on voit de plus en plus la
polarisation, où les efforts d’élargir le centre démocratique, l’appui aux
institutions d’une démocratie, sont vilipendés.
Il est donc clair pour la Mission que je dirige qu'un tel séminaire s’avère
nécessaire en ce moment pour encourager le rétablissement de la confiance
entre tous les Haïtiens. Une réflexion pondérée dans ce sens doit avoir des
résultats bénéfiques pour le processus en cours et pour la résolution du
désaccord qui prévaut dans la société actuellement. On ne peut qu'applaudir
à une telle démarche!
La Mission Spéciale de L’OEA’ s’engage et œuvre à aider les acteurs Haïtiens
pour:
Résoudre la crise qui persiste/perdure et qui empêche le processus de
démocratisation dans le pays;
Promouvoir la consolidation d’un état de droit, élément fondamental de la
démocratie;
Promouvoir la paix avec la justice, deux éléments essentiels et
indissociables pour toute société;
Rétablir la confiance et la Communauté, autre binôme d'importance.
En me préparant pour mes propos de ce matin, j’ai eu l’occasion de regarder
un des outils de travail pour ce séminaire où il est dit ceci: « la
négociation n’est pas l’apanage de la diplomatie et des transactions
commerciales. Elle se faufile constamment au cœur de notre quotidien tout
autant que dans les grands jeux internationaux » Nous savons tous que ceci
est tout à fait vrai.
Vous comptez parmi vous deux experts Canadiens de premier plan et de
renommée internationale, Mme Thérèse Bouchard, spécialiste en droits de la
personne, développement démocratique et construction de la paix et Jean-
Jacques Laroque, spécialiste en négociation et gestion des conflits. Ils ont
tous les deux une pléthore d’expériences à partager avec vous. Puissent-ils
vous en faire profiter dans cet esprit de partage et de solidarité qui les
caractérisent si bien.
En terminant permettez-moi de faire référence au symbole chinois qui
illustre le mot conflit et que j'aime bien. Ce symbole est compose de deux
caractères: le « danger » et « opportunité ». Dans la vie il y aura toujours
des conflits (interne, entre deux ou plusieurs personnes ou groupes, états,
etc.). Le défi demeure de savoir comment les gérer. Il y aura toujours des
intérêts opposés qui chacun de leur côté tenteront de défendre leurs
positions. Le tout est de voir comment l'on pourra répondre au conflit,
établir les domaines d’intérêt commun, et satisfaire dans la plus large
mesure du possible, aux besoins respectifs de chacune des parties. Pour un
accord qui dure il faut rechercher une situation de « gagner-gagner »--et
non pas de « gagner-perdre ».
Je vous laisse la tâche de décider si pour vous le conflit représente une
opportunité ou un danger !
Puisse ce séminaire vous aider tous à faciliter la prise des décisions
participatives, la construction de relations de confiance et de respect
mutuel si nécessaires au moment où nous nous parlons, le renouvellement
d'une collaboration et d'une coopération aussi intense que la modification
de comportements et de façons d’agir. Bonne besogne !
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