COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le 22 octobre, 2003
Incidents aux Gonaïves
La Mission Spéciale est concernée par la violence qui sévit aux Gonaïves
depuis la fin du mois de septembre, et déplore la mort de plusieurs
citoyens, des blessures à de nombreux autres individus dont deux policiers,
et des dommages matériaux.
La Mission reconnaît à la Police Nationale d’Haïti la responsabilité
d’assurer l’ordre public et le devoir de protéger la sécurité des personnes
et des biens. Toutefois, la nature de l’intervention et le niveau de force
utilisée par la PNH doivent toujours être proportionnels à la gravité de la
situation sur le terrain, ce qui n’a pas toujours été le cas aux Gonaïves.
La Mission Spéciale est aussi préoccupée par des allégations sérieuses de
l’implication dans les actes de violence et de répression aux Gonaïves, de
personnes apparemment tolérées par les autorités ou agissant aux côtés ou
sous le couvert de celles-ci, mais n’appartenant pas à la PNH.
La Mission Spéciale tient à préciser qu’elle était présente durant les
évènements du lundi 20 octobre en tant qu’observateur aux Gonaïves. Elle a
constaté des cas de non respect de procédures d’arrestation et
d’incarcération, et n’a pas été autorisée à vérifier le registre d’écrou de
la prison.
La Mission Spéciale demande qu’une enquête soit ouverte par les autorités
compétentes sur ces évènements aux Gonaïves. Elle rappelle la nécessité de
se conformer aux normes des droits humains relatives à la vie et à
l’intégrité physique et morale des personnes, qui demeure l’obligation
impérieuse de tout État en toute circonstance.
La Mission appuie fermement l’exercice pacifique et selon la loi des droits
fondamentaux d’association, de réunion, et d’expression, reconnus dans la
Constitution haïtienne et dans les instruments internationaux. Elle souhaite
que les évènements prévus à Port-au-Prince et au Cap Haïtien dans les
prochains jours se déroulent sans violence, dans le respect de la dignité de
tous, encourageant ainsi un climat de confiance et de tolérance. C’est par
ce moyen que l’on arrivera à la tenue d’élections crédibles dans ce pays
sous l’égide d’un Conseil électoral provisoire de consensus.
Port-au-Prince, le 22 octobre 2003
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