COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 29 novembre, 2003

Séance questions / réponses lors de la conférence de presse
le 24 novembre du Chef de la Mission Spéciale et
Représentant spécial du Secrétaire général, David Lee

Q – (Michael Norton-AP) Vous dites que l’arrestation de Charles Henri Baker et David Apaid était injuste et arbitraire. Ceci étant, est-ce que vous avez des recommandations à faire ?

Lee - Je pense que ce qu’on doit faire maintenant c’est de respecter la loi sur la détention.

Q- (Wendell Theodore, Métropole) Est-ce que la démocratie progresse en Haïti depuis le déploiement de la mission ?

Lee -- Je pense que la situation reste tendue et difficile. On a vu des difficultés additionnelles surgissent récemment. Nous avons toujours l’espoir de voir les choses changer, mais ce sera un changement majeur qui est nécessaire, et on travaille toujours avec cet espoir en tête.

Q : Mais est- ce que les résolutions 806 et 822 de l’OEA ne sont pas dépasses par les événements ?

Lee - Nous pensons que le contenu de ces résolutions est toujours valide comme je viens de le dire. La 822 par exemple donne tout un spectrum de mesures qui devraient être prises et tôt ou tard il faut prendre ces mesures.

Q - Et l’opposition s’en tient à la résolution du quinze Décembre !

Lee - C’est leur droit. Ils ont le droit de faire ça. Nous avons encouragé l’opposition à assumer leurs responsabilités quant au CEP. Il faut reprendre le dialogue à un moment donné, et je pense que ce n’est pas trop tôt pour le faire.

Q – (Wendell Theodore) Pouvez vous nous rappeler en quels termes vous avez formuler votre déception au gouvernement après le rassemblement du Groupe de 184 au Champ de Mars ?

Lee – On ne donne jamais les détails de nos discussions soit avec le gouvernement soit avec l’opposition ou d’autres acteurs. Il suffit qu’on ait exprimé notre déception.

Q – (Wendell Theodore) Est-ce que vous ressentez en quelque sorte l’efficacité des policiers et des conseillers policiers qui sont à coté de la force publique en Haïti ? Est-ce que vous avez ressenti le travail que font ces conseillers à ce moment ?

Lee - Comme je vous ai dit nous en avons vingt quatre. Ils sont placés en différents endroits au sein de la police : avec la directrice générale, l’inspecteur général en chef et d’autres endroits au siège de la PNH. Ils sont aussi placés dans cinq des départements au niveau national pour donner conseils, faire des suggestions. On encourage les homologues à suivre la déontologie de la police nationale. Les décisions sont prises par les Haïtiens. Ceci dit, nos policiers sont là depuis le mois de mai. Je pense qu’il faut reconnaître qu’il y a beaucoup d’effort à faire par tout le monde. Mais il faut un encadrement beaucoup plus ample, et nous espérons pouvoir embaucher d’autres policiers, d’autres conseillers techniques dans d’autres domaines aussi, dès que le financement ou le niveau de financement le permet.

Q – (Violine Thelusma – Telemax) Pourquoi ce champ d’action limité ?

Lee - C’est le mandat qui nous a été confié par le Conseil Permanent de l’OEA. Nous n’avons pas mandat pour remplacer ni le gouvernement, ni les partis politiques. Nous ne sommes pas l’opposition au gouvernement, et non plus nous ne sommes pas le gouvernement en tant que tel. Donc nous ne pouvons pas intervenir comme une force de police dans ce pays. Nous ne pouvons que conseiller, suggérer, proposer, à l’intérieur. Et non plus nous ne sommes pas l’opposition en tant que tel. Cela ne revient pas à la Mission Spéciale d’agir comme une sorte d’opposition aux actions du gouvernement. C’est aux Haïtiens d’agir de cette façon. Même chose dans le domaine des droits humains. Nous pouvons les aider à se renforcer pour être mieux apte à jouer leur rôle, et nous faisons cela à plusieurs égards et à plusieurs niveaux. Mais on ne doit pas essayer de les remplacer.

Q – (Thelusma) Est-ce que vous êtes très, très optimiste dans les jours à venir à ce qu’il y aura une réussite ?

Lee - Il faut voir la coopération internationale sur une échelle assez longue. On parle du deux centième anniversaire du pays. Ça ne date pas d’hier, et les problèmes non plus. On ne peut pas les corriger d’un jour à l’autre. Il faut prévoir que probablement vos enfants auront à jouer un rôle pour la rectification de ces problèmes anciens.

Q – (Wendell Theodore) Au sujet du travail que font justement les conseillers. Est-ce que vous ne craignez pas que la population haïtienne à un moment donné placera la responsabilité de certains actes poses par la police nationale aux conseillers justement qui assistent la force publique ? Ces derniers jours la police n’a pas la cote de la population. Il y a beaucoup de choses qu’on reproche à la police nationale, des actes de violence, des actes arbitraires également, alors qu’ ils sont assisté par des conseillers.

Lee – (Inaudible) La Mission Spéciale n’a joué aucun rôle dans la prise de décisions…..
Q - Des conseils……
Lee – des actions
Q - des conseils….
Lee –(Inaudible)….. J’insiste sur le rôle de la mission, en ce qui concerne le respect pour les droits et les principes énoncés dans les Conventions de l’organisation (l’OÉA) et de l’ONU, et c’est ce genre de traitement que nous préconisons vis-à-vis la PNH. S’il n’accepte pas nos conseils c’est leur décision, mais nos conseils vont dans le sens de toutes ces Conventions.
Merci beaucoup.

Port-au-Prince, le 29 novembre 2003

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