COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 31 octobre, 2003

Séance questions / réponses lors de la conférence de presse
le 31 octobre du Chef de la Mission Spéciale et Représentant spéciale du Secrétaire général, David Lee

Question: Michael Norton, Associated Press. S’il vous plaît, quel est le principe qui gouverne l’état des contres manifestations ? C’est-à-dire, avez-vous un commentaire sur la pratique généralisée maintenant d’occuper le terrain des manifestations et ainsi empêcher le déroulement de ces manifestations avec le but de les disperser rapidement?

Réponse : On a parlé un peu de cela dans la Déclaration que je viens de faire. Je pense qu’il y a les règlements datant de 1987 qui ont été établis par les autorités de l’époque qui sont toujours en vigueur. Il faut une notification, et nous avons déjà indiqué en public, que nous encourageons toutes les parties en cause de se parler--les organisateurs de toutes manifestations avec la police et avec les autres autorités de l’Etat. On devrait essayer de trouver un accord. Si on ne peut pas trouver un accord, on peut présumer que ceux qui ont fait la demande d’abord auraient la priorité.

Question : M. Lee, je travaille pour Vision 2000, je suis Alexis. M. Lee tout à l’heure vous venez de dire que les élections crédibles sont les seuls moyens d’accès au pouvoir. De toute façon, est-ce que vous faites allusion à tous ceux qui clament le départ du Chef de l’Etat en manifestant dans les rues, cela depuis quelques jours ? Et comment vous voyez également la situation ? Est-ce que cette situation peut déboucher sur des élections ? Il y a plusieurs groupes qui réclament le départ du Chef de l’Etat et puis les partisans qui interviennent de façon brutale à chaque fois qu’il y a un sit-in ou une manifestation pour exiger le départ du Chef de l’Etat ?

Réponse : Je pense que j’ai commenté la question de l’Opération « Étau Bouclier » dans ma Déclaration. Je n’ai pas fait de commentaires sur les visées des manifestants: pourvu que les manifestations soient pacifiques et selon la loi, je présume qu’on a le droit de les faire. En même temps, il est certain que si on veut accéder au pouvoir, dans une démocratie, il faut se servir de la route électorale. Les élections, il faut noter, ne sont pas les seuls éléments importants dans une démocratie. Il y a tout un tissu d’éléments qui sont importants. Mais, il est aussi très clair que, selon les prescrits de la Constitution de tel ou tel pays, il faut tenir des élections périodiquement pour donner l’occasion au peuple de s’exprimer. Et je crois comprendre que dans ce pays le moment pour cet évènement s’approche. Donc, il faut passer par des élections, bien sûr selon la formule envisagée dans le Projet d’Accord Initial, et répétée dans la Résolution 822.

Question : N’est-on pas arrivé, M. Lee, à un moment où la situation est devenue un peu timide, puisque quand même il y a vraiment des répressions, pour ce qui va là, il va y avoir des élections ?

Réponse : Je pense qu’on ne peut pas tenir de bonnes élections aujourd’hui dans la situation qui existe dans le moment. Ce n’est pas la première fois que je dis cela. Je pense que si on peut se mettre d’accord sur la voie à suivre et trouver le niveau de dialogue qui pourrait déboucher sur un CEP de consensus, le climat serait affecté pour le mieux. Et dans cette situation on pourrait envisager des discussions, par exemple sur la façon dont devraient se dérouler les manifestations, sur le genre de climat qui devrait exister pour rassurer tous les participants aux élections, sur les mesures de sécurité qui devraient exister. Tous ces éléments font partie d’une solution globale pour aider ce peuple à avancer sur la voie des élections. Donc, il y a plusieurs éléments ; on n’est pas là aujourd’hui c’est évident, mais tôt ou tard il faut reprendre le chemin. Nous voulons encourager tous les acteurs politiques haïtiens à regarder de nouveau comment on peut précisément reprendre ce chemin.

Question : Je suis Rony Mathieu, je travaille pour la Radio Magic Stéreo. M. Lee à côté de la Résolution 822 de l’OEA il y a aussi sur le terrain politique en Haïti--la Résolution du 15 décembre 2002. Justement vous n’êtes pas sans savoir les causes suite à la Résolution du 15 décembre 2002. Dites-nous qu’elle est la lecture dans la position de la l’OEA face à cette résolution ?

Réponse : Nous trouvons que c’est une résolution adoptée et mise en avant par un certain secteur politique du pays. Ils ont le droit de le faire et nous ne sommes pas appelés à nous prononcer sur le point de vue des différentes formations dans le pays. Ils ont le droit de s’exprimer, ils ont le droit d’adopter des résolutions. C’est leur privilège. Nous, nous ne sommes pas appelés à commenter spécifiquement les différents points de vue et prises de positions. Ce n’est pas approprié non plus.

Question : Il y a certains secteurs de l’opposition qui sont très critique par rapport à l’OEA. Ces secteurs croient que l’OEA est penché du côté du Gouvernement, qu’est-ce que vous répondez à ces critiques ?

Réponse : Absolument faux. Absolument faux et je pense qu’il y a plusieurs démonstrations de ce fait. Nous, nous avons comme base les résolutions de l’OEA qui nous donnent notre mandat. Nous sommes ici pour mettre en œuvre les mandats confiés par les résolutions et les autres documents de l’OEA, dont Haïti est membre intégrant.

Nous avons été présents sur les lieux à plusieurs reprises pour observer. Nous avons commentés les actions soit du Gouvernement, soit de l’opposition, soit des autres participants ou non participants. Je trouve que la Déclaration qu’on vient de faire évoque certaines actions de différentes parties et prend une position basée sur les documents et les résolutions de l’OEA et pas sur une position quelconque soit du gouvernement, soit de l’opposition, soit de la société civile. Pendant les dernier jours il y a eu certains évènements ici à Port-au-Prince, mais aussi au Cap, aux Gonaïves et à Hinche, où la Mission Spéciale a pu agir en faveur de différents groupes et individus qui ont été attaqués par des actions dangereuses et je pense que ces personnes pourraient témoigner de l’efficacité de nos actions.

Question : Mais, qu’est-ce qui a expliqué le long silence de l’OEA ? Le long silence que l’OEA a mis pour condamner les évènements des derniers jours ?

Réponse : Je ne trouve pas que c’est très long. On a émis un communiqué de presse la semaine dernière, on a parlé cette semaine. Nous ne sommes pas appelé à parler à toutes les deux heures ou mêmes tous les deux jours sur toutes sortes d’évènements. Mais on a couvert pas mal de terrain dans la Déclaration de ce matin. Je pense que cela incombe, au prime abord, aux institutions haïtiennes de commenter la situation du pays et c’est seulement après un certain temps que l’international, si nécessaire, doit se pencher sur les points spécifiques.

Question : En ce sens vous dites que l’OEA ne négocie le mandat de cinq ans du Président Aristide ?

Réponse : Ce n’est pas à nous de négocier le mandat du Président d’un état membre, c’est aux haïtiens de régler ce genre de questions.

Question : M. Lee, est-ce que, je suis Alexis, je travaille pour Vision 2000 comme vous le savez déjà. Est-ce qu’il y a une mission aux Gonaïves actuellement?

Réponse : Nous avons une équipe aux Gonaïves comme au Cap-Haïtien, à Hinche, à Jacmel, et aussi à la DDO. Donc nous sommes représentés auprès de cinq Directions Départementales. Nous voulons bien ajouter des équipes dans les autres DD dans les meilleurs délais, mais ça coûte quelque chose, et jusqu’à présent on n’a pas les fonds nécessaires. Dès qu’on en a, on va envoyer des équipes dans les autres départements.

Question : À partir de cette équipe que vous avez là-bas vous avez une idée de la situation à Raboteau?

Réponse : Oui, donc j’ai parlé ce matin, basé sur les commentaires de notre équipe. Nous avions aussi envoyé une équipe spéciale additionnelle la semaine dernière, et les commentaires ce matin--vous les avez déjà--sont basés sur ces informations.

Question : M. Lee, je suis Hans Pierre-Louis, je travaille pour la Radio Ibo. Vous prônez le dialogue alors que l’opposition ne cesse de diverger sur la façon de résoudre la crise, est-ce que vous avez une solution miracle ou est-ce que vous avez de nouvelles propositions ou d’autres initiatives pour faciliter la reprise des discussions ?

Réponse : Vous savez que le Secrétaire Général (de l’OÉA) a été invité par la Résolution 1959 de l’Assemblée Générale au mois de juin à se pencher sur cette question de dialogue. Cela fait partie donc du mandat de l’OEA d’essayer de trouver une route quelconque ou encore encourager le dialogue entre les partenaires haïtiens. Il avait nommé au mois d’août un Envoyé Spécial, l’Ambassadeur Terrence Todman, qui est venu maintenant en Haïti trois fois. Il vient de quitter, il y a deux jours. Il a passé douze jours dans le pays jusqu’à mercredi dernier pour essayer d’encourager, de trouver un terrain de dialogue. Je ne dis pas que c’est une solution miracle, mais la diplomatie est faite de petits pas, et je pense qu’à certains égards l’Ambassadeur Todman a été encouragé et dans certains domaines il a dû tenir compte des difficultés dont vous avez parlées.

Question : Est-ce qu’il doit présenter très bientôt un rapport sur ces démarches ?

Réponse : Il est en train de discuter avec le Secrétaire Général et le Secrétaire Général Adjoint de ses impressions et de ses recommandations.

Question : Une dernière question M. Lee, Je suis Dumarsais Gérard, je travaille pour Radio l’Arc-En-Ciel. Est-ce que vous avez un commentaire à propos de la dernière décision prise par le Délégué du Nord d’interdire toutes manifestations politiques dans la deuxième ville du pays ?

Réponse : J’ai commenté cette question dans ma Déclaration. Je n’ai rien à ajouter.

Merci beaucoup

Port-au-Prince, le  31 octobre 2003
 

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