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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le 16 février 2004
Notes pour l’intervention du 16 février 2004
à l’occasion de la cérémonie de signature du transfert de US$ 1 Million à la
Mission Spéciale de l’OÉA de la part des USA via le PNUD
Par le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’OÉA M. David Lee,
Chef de la Mission Spéciale de l’ OEA en Haïti
Il me fait plaisir de vous souhaiter à tous ici présents la plus cordiale
bienvenue à l’occasion de la cérémonie d’aujourd’hui. Il s’agit de la
signature du transfert d’un don de US$ 1 million de dollars effectué par les Etats-Unis d’Amérique au profit de la Mission Spéciale de l’OEA par
l’intermédiaire des fonds fiduciaires du PNUD. Dans la foulée de la plus
récente rencontre multilatérale sur Haïti qui s’est tenue à Washington le
vendredi 13 février 2004, ce don représente une indication non équivoque de
l’appui de la communauté internationale en faveur d’une issue positive à la
crise qui secoue ce pays.
Pour cette raison nous avons aussi avec nous l’Ambassadeur des États Unis
d’Amérique, Son Excellence James Foley, et Monsieur Adama Guindo,
Représentant en Haïti du Système des Nations Unies et du PNUD plus
spécifiquement. Nous allons procéder maintenant à la signature des accords.
(Action de Signature)
La Mission spéciale utilisera cette contribution pour, entre autres, un
début de renforcement de son action dans les domaines de la sécurité et de
la professionnalisation de la PNH. Elle verra aussi à remplir ses
obligations quant à la mise en œuvre du Plan d’Actions Préalables conclu
entre le Président de la République, Monsieur Jean Bertrand Aristide, et
quatre Chefs de gouvernement de la CARICOM, avec l’appui des États-Unis
d’Amérique, du Canada, de l’OEA, et de l’Union Européenne.
Nous sommes très reconnaissants envers les États Unis d’Amérique pour cet
engagement continu. Par cette contribution ce pays confirme sa position du
plus important donateur en termes absolus à la Mission spéciale de l’OEA.
La coopération avec l’OEA du Programme des Nations Unies pour le
Développement, PNUD, est, elle aussi, fort tangible dans de nombreux
domaines. Nous travaillons ensemble à la coordination des bailleurs de fonds
dans le domaine de la coopération, sur les questions électorales, sur le
désarmement, et sur les droits humains et la justice, entre autres sujets.
Aujourd’hui le PNUD, une fois de plus, facilite la mise en œuvre du
financement de la Mission spéciale.
Assistance Humanitaire
Je veux saisir l’opportunité offerte par la présence du PNUD ici de soutenir
l’appel humanitaire et apolitique lancé le 13 février dernier par M. Adama
Guindo, Coordonnateur Résident des Nations Unies en Haïti, en faveur de
l’ouverture d’un corridor humanitaire. L’OEA et l’Organisation Panaméricaine
de la Santé, OPS, accordent leur plein support à cette initiative
importante. En effet, l’OPS est aussi tout à fait impliquée comme acteur.
L’OEA appelle instamment tous les Haïtiens, qu’ils soient du Gouvernement de
la République—qui a maintenant donné son accord par la voix du Président--
ou de groupes anti-gouvernementaux ou de groupes informels, à faciliter le
libre passage et l’accès à la nourriture, aux produits pétroliers, aux
médicaments et autres fournitures de premières nécessités partout sur le
territoire et ce, sans délais et sans condition aucune. Les normes
impératives du droit international et du droit coutumier doivent être
respectées.
De la même manière, il faut éviter de mettre en péril le personnel médical
ou auxiliaire qui cherche à aider ceux qui sont dans le besoin, en
particulier les groupes vulnérables, que ceux-ci se trouvent dans des
installations sanitaires reconnues ou dans tout autre endroit. La sécurité,
la santé pour ne pas dire la vie même de beaucoup de vos compatriotes sont
entre vos mains. Leur sort ne peut en aucun cas être l’objet de
considérations autres qu’humanitaires, quelles que soient les positions
politiques des personnes concernées.
Situation Dans le Pays
Vous êtes au courant de la Déclaration émise le 13 février à l’issue de la
rencontre multilatérale qui s’est tenue à Washington et qui insistait sur
l’appui par nous tous au Plan d’actions Préalables. Je tiens à préciser
l’obligation pour le gouvernement haïtien de prendre rapidement des mesures
concrètes pour se conformer aux engagements souscrits le 31 janvier dernier
a Kingston, Jamaïque, dans ce Plan d’Actions Préalables. Il s’agit d’un
important processus visant à créer un climat de confiance dans les
prochaines semaines. A cet égard, j’aimerais mettre l’accent sur la
nécessité de prendre des mesures spécifiques et englobantes dans les
domaines de la police et du désarmement, dont le Plan identifie des actions
propres au gouvernement haïtien.
Aux lendemains d’une autre journée de manifestations à Port-au-Prince, je
veux de nouveau insister sur l’urgence d’engager des discussions pour
améliorer le contexte dans lequel les manifestations sur la voie publique se
déroulent. Sans remonter plus loin, l’expérience des sept derniers mois
démontre le besoin de développer un consensus dans ce domaine. L’arbitraire
et l’unilatéralisme doivent cesser. Il est de l’obligation du Gouvernement
de la République d’appliquer les règles de la même manière pour tous, tout
autant pour ses partisans que pour les groupes de l’opposition. Les
manifestants, tous, doivent respecter la loi et les règlements. La Mission
spéciale, dans le cadre du mandat qui lui est confié par les différentes
résolutions de l’OÉA, invite toutes les parties intéressées à discuter avec
elle un à un l’application de la Constitution haïtienne et des lois
régissant la matière, comme des améliorations pratiques pouvant être
envisagées dans ce cadre.
Je ne peux pas terminer sans souligner combien la communauté internationale
est préoccupée par la détérioration de la situation au pays. Nous condamnons
fermement la prise du Commissariat hier à Hinche et déplorons les morts y
compris la mort du Directeur départemental du Centre. La violence n’est
point acceptable comme moyen de résolution des différends, de changer un
gouvernement ou d’accéder au pouvoir. Il faut retourner à la table. Le
centre démocratique doit absolument être renforcée, toutes tendances
démocratiques et pacifiques confondues. En fin de compte, il est de plus en
plus clair que c’est le sort du pays, du peuple haïtien, qui est en jeux. Il
faut agir maintenant.
Merci.
Port-au-Prince, le 16 février 2004
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