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DISCOURS DE M. DAVID LEE, CHEF DE LA MISSION SPÉCIALE DE L'OÉA au SÉMINAIRE DE FORMATION
sur
LE SYSTÈME INTERAMÉRICAIN DE PROTECTION ET PROMOTION DES DROITS HUMAINS

Fédération des Barreaux d'Haïti et Mission Spéciale de l'OÉA

Avec l'appui de la CIDH et IFES

Port-au-Prince, ce 22 août 2002

Monsieur le Bâtonnier, Maître Duplan,
Distingués membres du Conseil d’Administration des Barreaux d’Haiti,
Honorables Magistrats,
Distingués Avocates et Avocats,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un plaisir de participer, au nom de la Mission Spéciale de l’OÉA Visant à Renforcer la Démocratie en Haïti, à l’ouverture de ce premier séminaire de formation dans le cadre des activités de la nouvelle Fédération des Barreaux d’Haïti et portant sur le système interaméricain de protection et de promotion des droits humains.

La Mission que je dirige a vu le jour suite à l’adoption par le Conseil Permanent de l'OEA de la résolution 806 le 15 janvier dernier. Un accord entre le Gouvernement de la République d'Haïti et le Secrétariat Général de l'OÉA a défini les termes et conditions de l'exécution des travaux de la MS. Les travaux ont entre autres pour but d'examiner et d'évaluer la situation et d'aider le Gouvernement et le peuple d'Haïti à renforcer leur système et leurs institutions démocratiques. Parmi ses activités figurent les suivantes: (1) réaliser les enquêtes et mener les évaluations qu'elle juge nécessaires et (2) formuler les recommandations et fournir l'aide qu'elle juge pertinentes.

Une Fédération des Barreaux d’Haïti, quel pas de géant franchi! Un regroupement de tous les Barreaux qui puissent unir tous les avocats et avocates de la République, faciliter le partage des expériences de chacun et de chacune et la mise en commun des efforts pour la sauvegarde de leurs intérêts comme ceux du public est, certes, une étape fort significative et un accomplissement majeur. Une telle instance dans d'autres pays a permis la création d’un outil indispensable pour le maintien de services de qualité et pour la sauvegarde de l'éthique professionnelle au sein de la profession. D'ailleurs votre Fédération vient tout juste d’adopter un code d'éthique, ce qui est un signe manifeste du rôle qu'elle peut jouer dans le maintien des plus hauts standards professionnels qui soient.

Il faut encore des progrès substantiels pour la consolidation de l’État de droit en Haïti et pour le respect des droits fondamentaux des citoyens. La création de votre Fédération s’inscrit en droite ligne avec cet objectif.

Nous pensons qu’une Fédération forte a toute sa place comme interlocuteur dans un processus de réforme du droit et de la justice et dans les changements nécessaires dans l'administration de la justice en Haïti. Une fédération vigilante peut aider à protéger et consolider l’indépendance de la magistrature. Elle peut aider à faire respecter les droits humains, en particulier celui du droit à une défense pleine et entière en matière pénale.

La MS-OEA croit aussi qu’une Fédération active peut contribuer à l’amélioration de la formation en droit et élargir l’accès à la profession tout en veillant au contrôle de l'éthique professionnelle de ses membres. Une Fédération consciente de son rôle social peut également favoriser l’accès à la justice et à des services de qualité aux plus humbles et aux plus démunis.

Une telle Fédération peut enfin permettre d'ouvrir de nouveaux horizons. Ce qui me ramène à notre rencontre d'aujourd'hui, l'utilisation par les avocats haïtiens des ressources du système régional de protection des droits humains.

Aux termes d'un processus évolutif, qui a été marqué par l'adoption de différents instruments internationaux, les États américains sont parvenus à structurer un système régional de promotion et de protection des droits humains, qui consacre ces droits, édicte des normes obligatoires en vue de leur promotion et défense, et crée des organes destinés à veiller à leur fidèle observation

Ce système de promotion et de protection des droits humains a été institué officiellement en 1948 par l'adoption de la DÉCLARATION AMÉRICAINE DES DROITS ET DEVOIRS DE L'HOMME au moment de la création de l'OEA. La Charte de l'OEA elle-même affirme que les "les droits fondamentaux de la personne humaine" sont l'un des principes sur lesquels est basée l'Organisation.

La structure du système interaméricain de promotion et de protection des droits humains repose au niveau formel sur plusieurs instruments de nature déclarative et conventionnelle, dont le plus important est sans doute la Convention américaine des droits de l'homme

Le système repose également sur deux organes de supervision:

(a) La Commission interaméricaine des droits de l'homme

(b) La Cour interaméricaine des droits d l'homme

A quoi sert un tel système? Comment l'avocat haïtien peut-il intégrer les recours qu'il offre au bénéfice de ses clients ou de la société toute entière?

Voilà précisément un des sujets de ce séminaire. Mais il est déjà évident que L'UNE DES FONCTIONS PRINCIPALES DE LA COMMISSION CONSISTE À DONNER SUITE AUX DEMANDES PRÉSENTÉES PAR DES PERSONNES OU GROUPES QUI ALLÈGUENT DES VIOLATIONS COMMISES PAR UN ÉTAT MEMBRE DE L'OEA. Elle peut alors adresser des recommandations aux États concernés et publier ses conclusions au sujet des cas de violations des droits humains et-ou intenter des poursuites contre un État, au nom de la victime, devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme.

Et voilà où nous pouvons en venir au cours de ce séminaire: mieux faire connaître comment se servir du système de protection pour ainsi arriver à une sauvegarde plus complète de la dignité humaine au pays, et ce au bénéfice de tous les Haïtiens. Nous nous félicitons du niveau de collaboration avec la Commission Interaméricaine. Aujourd’hui, vous travaillerez avec deux des principaux et mieux qualifiées expertes de la Commission Interaméricaine—Mme Christina Cerna et Mme Raquel Poitevien. Puissent-elles vous communiquer ce goût de la défense internationale des droits humains!


Permettez-moi d’ajouter que la MS-OEA a attaché dès ses débuts beaucoup d’importance à tisser des liens solides avec l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, ainsi qu’avec la Fédération des Barreaux d’Haiti. Des rencontres fructueuses ont eu lieu à ce jour. La tenue de ce premier séminaire en est un fruit tangible. Il y’en aura certes d’autres.

Enfin je me dois de souligner combien nous apprécions la coopération et l’appui de nos collègues au sein de l’IFES, sur lesquels nous avons tant compté pour la préparation et la tenue de ce séminaire.

Je vous souhaite un séminaire fécond et réussi! Merci.

Port-au-Prince, le  22 août 2002
 

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