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DISCOURS DE M. DAVID LEE, CHEF DE LA MISSION SPÉCIALE DE L'OÉA au SÉMINAIRE sur LE SYSTÈME INTERAMÉRICAIN DE PROTECTION ET PROMOTION DES DROITS HUMAINS

Office de la Protection du Citoyen et Mission Spéciale de l'OÉA

Avec l'appui de la CIDH

Port-au-Prince, le 23 août 2002

Monsieur le Protecteur du Citoyen,
Mesdames les représentantes de la Commission interaméricaine des droits de l’homme
Mesdames et Messieurs,

En cette journée internationale de souvenir de la traite négrière et du soulèvement des esclaves de l’île de Saint Dominique et d’Haïti, proclamée par les Nations Unies, il est pour moi un réel plaisir de participer, au nom de la Mission Spéciale de l’OÉA Visant à Renforcer la Démocratie en Haïti, à l’ouverture de ce séminaire portant sur le système interaméricain de protection et de promotion des droits humains. Permettez moi de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue.

La Mission que je dirige a vu le jour suite à l’adoption par le Conseil Permanent de l'OEA de la résolution 806 le 15 janvier dernier. Un accord entre le Gouvernement de la République d'Haïti et le Secrétariat Général de l'OÉA a défini les termes et conditions de l'exécution des travaux de la MS. Les travaux ont entre autres pour but d'examiner et d'évaluer la situation et d'aider le Gouvernement et le peuple d'Haïti à renforcer leur système et leurs institutions démocratiques. Parmi ses activités figurent les suivantes: (1) réaliser les enquêtes et mener les évaluations qu'elle juge nécessaires et (2) formuler les recommandations et fournir l'aide qu'elle juge pertinentes.

Dans les dernières années les ONGs haïtiennes (et les membres de la presse –AJH and the Federation will be there) ont été tres visibles dans leur lutte pour le respect des droits humains. Mais il faut encore des progrès substantiels pour la consolidation de l’État de droit en Haïti et pour que chaque Haïtien jouisse de tous ses droits fondamentaux.

Ce qui me ramène à notre rencontre d'aujourd'hui, l'utilisation par les ONGs haïtiennes des ressources du système régional de protection des droits humains.

Aux termes d'un processus évolutif, qui a été marqué par l'adoption de différents instruments internationaux, les États américains sont parvenus à structurer un système régional de promotion et de protection des droits humains, qui consacre ces droits, édicte des normes obligatoires en vue de leur promotion et défense, et crée des organes destinés à veiller à leur fidèle observation.

Ce système de promotion et de protection des droits humains a été institué officiellement en 1948 par l'adoption de la DÉCLARATION AMÉRICAINE DES DROITS ET DEVOIRS DE L'HOMME au moment de la création de l'OEA. La Charte de l'OEA elle-même affirme que les "les droits fondamentaux de la personne humaine" sont l'un des principes sur lesquels est basée l'Organisation.

La structure du système interaméricain de promotion et de protection des droits humains repose au niveau formel sur plusieurs instruments de nature déclarative et conventionnelle, dont le plus important est sans doute la Convention américaine des droits de l'homme

Le système repose également sur deux organes de supervision:

(a) La Commission interaméricaine des droits de l'homme

(b) La Cour interaméricaine des droits d l'homme

A quoi sert un tel système? Comment une organisation non gouvernementale haïtienne peut-il intégrer les recours qu'il offre au bénéfice de la société toute entière?

Voilà précisément un des sujets de ce séminaire. Mais il est déjà évident que L'UNE DES FONCTIONS PRINCIPALES DE LA COMMISSION CONSISTE À DONNER SUITE AUX DEMANDES PRÉSENTÉES PAR DES PERSONNES OU GROUPES QUI ALLÈGUENT DES VIOLATIONS COMMISES PAR UN ÉTAT MEMBRE DE L'OEA. Elle peut alors adresser des recommandations aux États concernés et publier ses conclusions au sujet des cas de violations des droits humains et-ou intenter des poursuites contre un État, au nom de la victime, devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme.

Dans ce séminaire on examinera non seulement les droits civils et politiques mais aussi les droits économiques, sociaux et culturels.

Le Protocole Additionnel a la Convention relative aux droits de l’homme traitant des droits économiques, sociaux et culturels « Protocole de San Salvador » a été adopté en 1988 et est entré en vigueur en 1999. Haiti a été pays signataire mais n’a pas encore ratifié ce Protocole. Le Protocole reconnaît le droit au travail (art 6),le droit aux conditions de travail justes, équitables et satisfaisantes (art. 7), droits syndicaux (art.8), le droit a la santé (art 10), le droit a un environnement salubre, le droit a l’alimentation (art. 12) le droit a l’éducation (13), le droit aux bienfaits de la culture (14), le droit des enfants (art.16), la protection des personnes agées et la protection des handicapés.

Les états parties au Protocole « s’engagent a adopter les mesures nécessaires, qu’elles soient de nature interne ou qu’elles relèvent de la coopération entre Etats, tout particulièrement dans les domaines économique et technique, selon les ressources disponibles et compte tenu de leur degré de développement, pour parvenir progressivement, et conformément a la législation interne, à assurer le plein exercice des droits reconnus dans le Protocole ».


Et voilà où nous pouvons en venir au cours de ce séminaire: mieux faire connaître comment se servir du système de protection pour ainsi arriver à une sauvegarde plus complète de la dignité humaine au pays, et ce au bénéfice de tous les Haïtiens. Nous nous félicitons du niveau de collaboration avec la Commission Interaméricaine. Aujourd’hui, vous travaillerez avec deux des principales et mieux qualifiées expertes de la Commission Interaméricaine—Mme Christina Cerna et Mme Raquel Poitevien. Puissent-elles vous communiquer le goût de la défense internationale des droits humains!


Permettez-moi d’ajouter que la MS-OEA a attaché dès ses débuts beaucoup d’importance à tisser des liens solides avec les ONGs. Ces contacts ont étés parmi les premiers que nous avons entamés lors de l’établissement de la Mission en Haïti.

Pour effectuer un changement démocratique dans une société, il faut non seulement avoir l’esprit ouvert mais aussi être en possession des connaissances et des outils du travail. La tenue de ce séminaire est un premier pas.

Enfin je me dois de souligner combien nous apprécions la coopération et l’appui de nos collègues au sein de L’Office de la Protection du Citoyen, surtout notre ami Necker Dessables lui-même, sur lesquels nous avons tant compté pour la préparation et la tenue de ce séminaire.

Je vous souhaite un séminaire fructueux! Merci, et meilleurs voeux.

Port-au-Prince, le  23 août 2002

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